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Treviri, Trier, Trèves ou Tréier
Une histoire de conscription
(Juin 1971 - Mai 1972)


L'auteur en tenue

La pucelle du 403ème BCS

Berliet à tourelle

Novembre 1971:
manoeuvres en Jeep

Galons du brigadier

Trèves. Allemagne.
En Latin Augusta Treverorum ou Treveris, en Italien Treviri, en Allemand Trier, en Luxembourgeois Tréier.
Ville et arrondissement dans le land de Rhénanie-Palatinat située sur la Moselle. La Porta Nigra, le pont Romain édifié en 45 après JC encore en excellent état, l'amphithéâtre, la basilique de Constantin, les termes Impériaux, indiquent que les légions de Rome sont passées par là.



Le pont romain (appelé également pont de la Moselle) qui franchit la Moselle à Trèves est le plus ancien pont d’Allemagne. Les plus anciennes piles datent du milieu du IIe siècle après J.-C.

J'ai effectué ma conscription en ces lieux,  quartier du Belvédère, Fernmeldeturm, les "habitués" connaissent.

Rien ne prédisposait, sinon le pur hasard, à ce qu'une année de ma jeunesse soit "enterrée" en cet endroit. Privilège de la conscription.

Enterrée un bien grand mot. A vingt ans, notre insouciance et notre indifférence avaient eu raison de notre réflexion sur l'environnement dans lequel nous nous trouvions.

Le dimanche, lorsque nous avions la chance de prétendre à une permission, notre souci principal était d'améliorer l'ordinaire de la cantine, ce n'était pas peu dire.

Nous promener en ville cela signifiait, comme la plus grande majorité des militaires du monde, trouver un restaurant peu cher qui enchanterait nos papilles, et nous mettrait alors en appétit, si l'on peut dire, pour dénicher une "boite à soldat".

Il est permis de penser que la rencontre avec la Porta Nigra, dont la photo "icône de la page d'accueil" le témoigne formellement, était pure coïncidence. Qui avait déjà entendu parler de cette fameuse porte ? Peu d'entre nous.

Nous qui étions comme la verrue sur le nez de Pinocchio repérables à mille lieues à la ronde.

Les six premiers mois, interdiction formelle d'utiliser nos vêtements civils. La tenue de la grande muette était obligatoire. Une maigre consolation ensuite. Le crâne "à la Barthès" n'était pas encore à la mode, plutôt la tignasse des Beatles… Et sur notre caillou, la fine pellicule de cheveux ne risquait pas de se défriser au vent !

Vous pensiez alors à vous distraire et les maisons à colombages, les rues pavées typique de cette ville au bord de la Moselle, les monuments laissés par César, vous passaient au dessus de la tête…

A fortiori les événements de la dernière guerre, évènements qui ont mené l'armée Française en occupation.

Maisons typiques dans les rues de Trèves

L'été 1971, il faisait chaud. L'air marin auquel j'étais habitué depuis ma plus tendre enfance ne soufflait pas dans cette contrée. Début juin, c'est le 81ème R.S. (Régiment de Soutien) à la caserne Castelneau, qui m'a vu débarquer. Là, on m'a appris à faire "tout" et "rien"... C'était ce que l'on appelle "les classes"... Elles furent dures. Le privilège d'avoir été incorporé dans un régiment semi disciplinaire.

Ensuite, au plein cœur de l'été, c'est le 51ème R.C.T. (Régiment de Commandement et de Transmission) qui eut l'insigne honneur de ma présence... Un gradé avait pensé "m'inscrire" pour le peloton radio. Pourtant, dans mon attitude, tout indiquait que je ne fus pas un militariste convaincu. Allez expliquer ce choix. Je ne me l'explique pas encore.

Vous trouverez, bas de page, un lien qui vous amènera sur une autre page, page qui se voudra être un explicatif de ce qu'était ce peloton...  (on peut y accéder également par la page sommaire).

En Octobre, après mon "passage" au 51ème, j'ai été "affecté" au 403ème B.C.S. (Bataillon de Commandement et de Soutien) et plus précisément au 453ème E.T. (Escadron de Transport). Situé au "BELVEDERE", "sur la colline" (berg en Allemand), où s'érige encore une belle tour, les habitués connaissentC'est la première fois que je grimpais! Le 81ème RS et le 51ème RCT étaient situés "en ville".

Là, on nous "appellait" Conducteur. Nous n'étions plus des biffins (soldats, caporaux), mais des conducteurs, brigadiers. Normal nous étions dans le "train". il n'y avait pas de locomotive, mais des Berliets et l'on nous missionnait pour gerer la logistique, un bien grand mot en temps de paix...

Notre adresse postale le soulignait : Conducteur Moro Claude SP 69650.

PETRISBERG. Un nom que j'ai dû entendre une fois ou deux durant mon service. Et pourtant c'est bien là que la fameuse tour du Belvédère se dressait et se dresse toujours. Ce qui m'importait, terminer au plus vite la galère dans laquelle j'étais embarqué. Je rêvais de liberté et je me demandais souvent ce que je faisais dans ces baraquements. Heureusement, il y avait les copains pour oublier les moments pénibles.

Peu m'importait le reste. Il fallait toutefois être l'idiot du village pour ne pas s'apercevoir que le poste de garde à l'entrée des quartiers était en bois. L'idée que nous étions dans un camp de prisonniers a effleuré mon esprit mais a été vite chassée par le quotidien.

Ce n'est que quarante ans plus tard, fin 2012, que je me suis aperçu que le Pétrisberg avait son histoire. Une histoire terrifiante. Un stalag (camp de prisonniers de guerre), le XII D pour être précis, se tenait là "un quart de siècle avant moi" !

Je ne peux que vous inciter à compulser le site que j'ai dédié aux prisonniers de guerre du Stalag XII D.


Le Peloton ou comment apprendre à prendre des galons
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51ème RCT
(Régiment de Commandement et de Transmission) Eté 1971